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Var matin  06/04/2026

 

« Le véritable changement vient du courage, de la passion et de l’imagination de chacun » : en visite à Draguignan, Paul Watson toujours à flot pour protéger les océans

Le Bandero de Sea Shepherd France est entré en collision avec un chalutier de pêche au krill en Antarctique, le 31 mars. 

Paul Watson donnera aux Dracénois sa première conférence après cet acte offensif.

Le célèbre militant écologiste et capitaine Paul Watson fait son grand retour dans la cité du Dragon au Festival de la Terre, il y avait déjà participé en 2016.

Le fondateur de Sea Shepherd interviendra d’abord ce mardi 7 avril à Draguignan, à 14 h, lors d’une rencontre exceptionnelle avec 650 lycéens de la Dracénie et étudiants de l’IUT et de la fac de droit. Suivi d’une conférence sur la protection des océans donnée à 19 h au théâtre de l’Esplanade de Draguignan, et le lendemain mercredi 8 avril à 19 h au cinéma Le Lido à Saint-Raphaël.

Ces deux conférences devaient être animées avec Lamya Essemlali la présidente de Sea Shepherd France, « mais embarquée sur le Bandero, navire de l’organisation en lutte contre la pêche destructrice du krill en Antarctique, elle ne pourra pas être présente », explique Michel Berthelot, président de Colibris83 l’association organisatrice du Festival de la TerreLe 31 mars dernier, le Bandero est d’ailleurs entré en collision avec le chalutier l’Antarctic Sea en train de pêcher le krill dans une zone où s’alimentent les baleines. Les Dracénois auront la primeur du récit de cet acte offensif puisque la conférence à Draguignan sera la première donnée par Paul Watson depuis cet événement.

Quels sujets aborderez-vous ? L’état critique de nos océans, la philosophie du biocentrisme, le pouvoir de l’activisme, les réalités du changement climatique et le besoin crucial de préserver les océans. Mon objectif est de changer les perspectives – passer de la domination humaine à l’harmonie avec toute forme de vie – et d’inspirer des actions fondées sur la sagesse écologique.

Est-il essentiel de se mobiliser pour la défense des océans ? Les systèmes politiques et économiques n’ont pas su agir. Malgré 30 conférences sur le changement climatique, nous n’avons vu que des promesses vaines. Le véritable changement vient du courage, de la passion et de l’imagination de chacun, et non des institutions. L’action directe est le seul moyen d’attirer l’attention, de briser la complaisance et de sensibiliser le public. L’océan ne peut pas attendre que la bureaucratie rattrape son retard.

La situation est-elle réversible ? L’océan est résilient, mais il a besoin de temps pour se régénérer. Lors de la COP21 en 2015, j’ai proposé un moratoire de 50 ans sur la pêche industrielle, car les pratiques actuelles ne sont pas durables. Politiquement, cela semble impossible, mais écologiquement, c’est la seule solution. Nous devons donner aux écosystèmes marins une chance de se remettre des dommages que nous leur avons infligés.

Vous allez rencontrer 650 jeunes, quel est leur rôle dans ce combat ? Ils comprennent intuitivement le monde naturel : ils n’ont pas encore été endoctrinés par un système qui privilégie le profit au détriment de la vie. Leur soutien est un pont entre le présent et l’avenir. Chaque génération a l’obligation morale de laisser la planète plus riche qu’elle ne l’a trouvée. Nous n’avons pas le droit d’appauvrir la Terre pour les générations futures par cupidité ou par manque de vision à long terme.

Quel message leur donnez-vous ? Ne désespérez pas de l’avenir, vous n’avez aucun contrôle sur lui, mais vous avez un contrôle absolu sur le présent. Ce que vous faites aujourd’hui façonnera demain. Le destin de l’océan est entre vos mains. Soyez audacieux. Soyez curieux. Soyez inébranlables.

Quand désobéir aux lois devient-il légitime pour défendre le vivant ? Toutes les lois ne sont pas justes. Si une loi favorise l’exploitation – des personnes, d’autres espèces ou de l’environnement —, elle est injuste et doit être contestée, voire enfreinte. L’histoire montre que le progrès passe souvent par la désobéissance civile. Il faut lutter contre les lois environnementales qui permettent la destruction de l’écosystème. Lorsqu’une loi viole les principes de justice et de durabilité, la désobéissance n’est pas seulement légitime, elle est nécessaire.

En quoi protéger l’océan protège aussi la Terre ? La Terre est la planète Océan. L’eau circule sans fin, de la mer au ciel, de la glace à la pluie, à travers chaque cellule vivante. La même eau qui coule dans vos veines a traversé les baleines, les nuages, les glaciers et les forêts anciennes. Nous sommes de l’eau. L’océan, c’est nous. Protéger l’océan, c’est tout protéger. Lorsque nous nuisons à l’océan, nous nous nuisons à nous-mêmes.

Que diriez-vous pour conclure ? Nous devons vivre en harmonie avec toutes les espèces. La vie repose sur la diversité et l’interdépendance, et non sur la domination. L’océan nous donne la vie. Il est temps de lui rendre la pareille.

Le choix est simple : serons-nous la génération qui a sauvé l’océan, ou celle qui l’a détruit ? La réponse réside dans ce que nous faisons aujourd’hui.